"Pour une Suisse forte et plurilingue !" - L'invité du 24 Heures (21.11.24)
- olivierbolomey
- 28 déc. 2025
- 2 min de lecture
Texte publié:
En Suisse, les autorités ont fixé un objectif ambitieux aux écoles obligatoires: que chaque élève effectue au moins une fois dans son cursus scolaire un échange avec une autre région linguistique de notre pays. Si le plurilinguisme et l’interculturalité de la Confédération sont célébrés au niveau international, il en est d’une tout autre réalité au niveau national.
Malgré notre proximité avec la Suisse alémanique, trop peu de Vaudoises et de Vaudois osent franchir la Sarine aussi bien dans leur vie privée que professionnelle. Les écoles sont ainsi appelées à jouer un rôle prépondérant pour garantir la cohésion nationale et la compréhension entre les langues officielles de notre pays. Actuellement, à peine 10% des élèves effectuent un échange avec une classe d’un autre canton – on est donc très loin des objectifs.
En cette Semaine nationale de l’échange initiée par l’agence Movetia pour la mobilité en Suisse et à l’étranger, osons dépasser le Röstigraben et rêver à une Suisse où les échanges seraient mis en avant autant que ses quatre langues nationales. Pour ce faire, c’est l’ensemble de la société qui doit changer sa vision de l’autre et faire fi des frontières linguistiques. Ne déplaçons pas que nos élèves d’une région à l’autre, mais encourageons également les enseignants à échanger leurs classes, les apprentis à profiter d’une expérience dans une autre filiale de leur entreprise, les étudiants à effectuer un semestre «outre-Sarine».
La culture germanophone devrait également avoir une place de choix dans nos classes: employons des chansons, des séries, des films, etc. De plus, comme le propose le groupe Vert’libéral au Grand Conseil, donnons en allemand certaines matières. Cet enseignement immersif en allemand, conduit notamment dans les classes neuchâteloises, porte ses fruits tant sur le plan des compétences langagières des élèves que de leurs connaissances dans les différentes disciplines concernées: il est donc temps de s’en inspirer!
S’inspirer du Tessin
L’allemand pour les Romands – tout comme le français pour les Alémaniques – constitue un enrichissement culturel. En Suisse romande, l’allemand revêt une importance particulière, notamment dans le monde professionnel et le développement des carrières. Il est regrettable que certains cantons de Suisse orientale privilégient l’anglais au français, reniant leur proximité avec les Welsches. Il serait préférable de s’inspirer du Tessin où le français, l’allemand et l’anglais sont enseignés à tous les élèves.
Le fiasco des grands chantiers dans notre canton (par exemple la gare de Lausanne) et le peu d’influence des Romands sur les orientations de la politique fédérale doivent nous alerter: renforçons, par tous les moyens, les compétences en allemand de nos élèves, leur intérêt pour cette langue et leur compréhension interculturelle – gage d’ouverture d’esprit utile dans tous les domaines de l’existence.
Olivier Bolomey, Président PVL-VD



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