"Pour notre identité suisse: renforçons les langues nationales!" L'invité du 24 Heures (21.11.25)
- olivierbolomey
- 28 déc. 2025
- 2 min de lecture
Texte publié:
Avec le débat sur l’enseignement du français dans les écoles alémaniques, nous aurions tendance, en Suisse romande, à nous considérer comme les «bons élèves» de la cohésion nationale. Certes, l’allemand est enseigné depuis la 5P et l’italien est proposé en option au secondaire 1. Or, les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des attentes.
L’allemand est proche géographiquement de la Suisse romande, mais très éloigné du vécu des élèves – il en va de même avec le français de l’autre côté du Röstigraben. «Biberonnés» à l’anglais, les jeunes n’ont aucune idée des groupes de musique germanophones, respectivement francophones, à la mode ou des dernières sorties de films ou de séries. C’est cette «culture quotidienne» que nous devons proposer aux élèves dans le cadre des cours d’allemand ou de français, afin de «rapprocher» les deux rives de la Sarine.
L’apprentissage des langues nationales apparaît comme un élément central de notre identité helvétique. Malheureusement, trop souvent, on entend les gens déclarer ne pas se sentir capables d’aligner deux phrases en allemand (ou en français) alors qu’ils en ont eu des centaines de périodes durant leur scolarité. Afin de renforcer l’efficacité de l’enseignement des langues nationales à l’école obligatoire, trois pistes prioritaires doivent être suivies.
Premièrement, les échanges linguistiques doivent être réalisés régulièrement durant le parcours scolaire, afin de motiver les élèves à effectuer un apprentissage dans une autre région linguistique ou entamer une maturité bilingue. En cette semaine nationale de l’échange, rappelons qu’actuellement, moins de 10% des élèves effectuent un échange durant leur scolarité. Nous devons donc faire mieux et viser un 100%! Les échanges diminuent les préjugés que l’on peut avoir envers l’autre région linguistique et participent donc à la cohésion nationale.
Le projet neuchâtelois
Deuxièmement, les cantons doivent s’inspirer du projet PRIMA mis en œuvre depuis une dizaine d’années dans les écoles neuchâteloises. Grâce à ce projet, les élèves du primaire et du secondaire 1 bénéficient, en plus des trois périodes hebdomadaires d’allemand, d’un enseignement du sport, du dessin, de l’histoire et/ou des mathématiques en allemand plusieurs jours par semaine. Cette approche dite «immersive» améliore les compétences langagières des élèves.
Troisièmement, les enseignantes et les enseignants sont appelés à jouer un rôle toujours plus important: le renforcement, par différents moyens, de leurs propres compétences langagières et didactiques semble primordial.
Le développement de l’enseignement des langues nationales renforcera indéniablement notre compréhension entre les régions linguistiques et, par là même, les systèmes de formation et l’économie. Nous avons les moyens humains, financiers et logistiques pour faire mieux: nous le devons à notre cohésion nationale et aux générations futures!
Olivier Bolomey, Président PVL-VD



Commentaires